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mercredi 1 juin 2022

175 - Histoire d'un livre. Présentation de la genèse du livre « Accompagner de travail des adolescents avec la pédagogie des gestes mentaux »

 Histoire d'un livre.

Le 19 mai dernier, j'étais invité par l'Association Initiative et Formation Rhône-Alpes (IFRA) pour parler de la genèse d'Accompagner… qui vient d'être réédité pour la cinquième fois. Ce livre  est apprécié des accompagnateurs formés à la gestion mentale comme de beaucoup d'autres qui en sont éloignés et de beaucoup d'enseignants du public ou du privé qui se le sont appropriés et dont il a éclairé et modifié les pratiques quotidiennes.

A cette occasion, j'ai été très heureux de faire un petit retour sur plus de 50 ans de ma vie. En retraçant le cheminement de ma réflexion à partir des années 1960, je me suis rendu compte de façon très claire que mon fil conducteur avait toujours été le souci de rendre accessible au plus grand nombre de jeunes les secrets de la réussite scolaire... que l'école se garde bien de leur transmettre de manière à pouvoir effectuer sa mission de sélection des meilleurs (inavouée, si contradictoire...plus à l'ordre du jour désormais - du bacc tout au moins - mais toujours à l'œuvre dans les inconscients de beaucoup de ses acteurs) ... cette mission dont on connaît les ravages sur la personnalité des jeunes personnalités qui en sont les victimes ; ou tout simplement parce qu'elle ne s'est jamais posé la question... les enseignants, anciens bons élèves, ne comprenant pas que l'on puisse ignorer les "règles du jeu scolaire" qu'ils ont pratiqué avec succès mais sans jamais en prendre  clairement conscience.

Vous trouverez ici la vidéo de la présentation que j'ai faite du parcours qui a mené à l'écriture du livre, de mes réflexions, de mes lectures des travaux d'Antoine de la Garanderie ou d'autres noms de la littérature pédagogique, ainsi que de mes expérimentations auprès des centaines de jeunes dont j'avais la charge.

Présentation (Video) de l'histoire du livre. .

La soirée était équilibrée, avec à peu près une heure pour chaque partie. Dans un deuxième temps, le public - une cinquantaine de personnes, accompagnatrices, praticien(ne)s, orthopédagogues, formatrices, étudiants... - a posé des questions, toujours pertinentes et à base de situations vécues, auxquelles je me suis efforcé de répondre aussi concrètement que possible malgré mon éloignement actuel du terrain... Certaines m'ont renvoyé à des événements passés et heureux... 

Au final, très bonne et vivifiante soirée  ! J'avais 40 ans de moins...

 

lundi 7 février 2022

173. Cinquième édition pour Accompagner le travail des adolescents !

Après ces mois, ces années mêmes, où le moral de chacun n’était pas au plus haut du fait de cette interminable pandémie, est-il permis de se réjouir de ce qu’un livre connaisse un - très, très relatif - succès sans qu'il soit pour autant le déballage indécent de quelque vedette en mal de publicité… ou les éructations haineuses d'un politicard aigri et revanchard… ou même le palpitant récit d’un romancier en vogue ? Même si ce livre n’est que la relation d’une simple expérience professionnelle d’éducateur scolaire et la mise à la portée du plus grand nombre des travaux d’un –  trop méconnu - philosophe humaniste, Antoine de LA GARANDERIE, dont la perspicacité tenace et la grande bienveillance ont si fortement contribué à illuminer le regard de tant d’enfants et d’adolescents qui se croyaient perdus ?

Eh bien ! Je me le permets ! Je viens de recevoir mes "exemplaires d’auteur" de la cinquième édition de mon livre Accompagner le travail des adolescents avec la pédagogie des gestes mentaux. Il est vrai qu’avec un tel titre, mon livre ne peut faire la devanture des libraires à la mode… ni le sujet d'émissions télévisées grand public. La Grande librairie ne m’a pas encore invité…

Ce n’est qu’un livre bien modeste qui ne me rendra guère bien riche malgré ses tirages successifs. Et pourtant, je me réjouis ! Je me réjouis parce que, chaque fois qu’il s’en vend un exemplaire, ce sont peut-être des adolescents qui finiront de galérer sur leur travail scolaire et, cessant de se désespérer de leurs échecs répétés, retrouveront le sourire et verront la vie s’éclairer à nouveau devant eux ; ce sont peut-être des éducateurs, des orthopédagogues ou orthophonistes, des coaches scolaires comme on les appelle désormais, qui sauront un peu mieux les amener à retrouver les moyens de leur réussite et la confiance en leur potentiel ; ce sont peut-être des parents, des familles, qui regarderont leur fille, leurs fils avec un peu plus d’espérance, ce qui rendra les relations familiales plus détendues ; ce sont peut-être des professeurs qui découvriront des aspects jusque-là trop cachés d’un métier qu’ils maîtrisent mal faute d’une formation sérieuse qui les y prépare, et qui reprendront goût à leurs activités de "facilitateurs d’apprentissage" - ou "d'artisans du faire apprendre" pour paraphraser Heidegger - activités indissociables de leur fonction d’enseigneur. En procurant les moyens de retrouver le plaisir d'apprendre, il sera peut-être le révélateur du bonheur oublié de connaître. Et cela, oui, me remplit de fierté et de joie à défaut d'euros... Il y a longtemps que j'ai fait mon choix.

En l’écrivant, il y a près de 15 ans… déjà…, j’avais plus ou moins confusément l’intuition que, s’il ne concourrait pas pour quelque prix littéraire dont parleraient la presse people, du moins ferait-il son petit bonhomme de chemin dans le monde de la pédagogie et de la formation - si peu propice aux éclats publicitaires -, et même – je l’espérais - dans le "milieu enseignant" si difficile à pénétrer et à convaincre. Il y a partout tellement de personnes de bonne volonté qu’il suffit de peu de choses pour mettre - ou remettre - en route dans le projet de contribuer à la plus grande réussite intellectuelle et humaine de notre jeunesse. Elle en a tant besoin, cette jeunesse, aujourd’hui encore plus que jamais.

Je me réjouis donc, sans réserve et sans scrupules, de cette cinquième édition et j’adresse un grand merci à mon éditeur, André Soutrenon, qui avec son équipe tient bon la barre des éditions La Chronique Sociale, en cette période quelque peu maussade - passagère, souhaitons le - pour la littérature pédagogique.

Et puisque nous sommes en pleine saison sportive hivernale autant que lointaine, j'ajoute un encadré de la page 120, où après avoir comparé une activité d'EPS assez classique avec l'ensemble des opérations mentales à effectuer pour atteindre la réussite scolaire, je fais ce rappel important ; 

(*) Attention : Il faut insister sur ce TOUS. Il est assez courant de constater que l'on aide assez facilement les élèves en difficulté dans les activités "d'entrée" des connaissances : l'attention, la mémorisation, un peu la compréhension… mais c'est plus difficile. Il est plus rare que l'on apporte de l'aide aux activités de "sortie": la réflexion et la communication sur lesquelles  portent pourtant la plupart des évaluations. Pour une efficacité complète il faut aller "jusqu'au bout" de l'accompagnement, couvrir "tout le terrain" de l'apprentissage comme dans l'enchaînement gymnique.

 

 

 

 

 

Cela fera écho également à ces phrases de Philippe Meirieu dans La Riposte :

« Si je parviens à inventorier suffisamment les entrées possibles dans un ensemble de connaissances, ne serai-je pas en mesure de couvrir plus largement le champ des motivations des apprenants et d'articuler plus efficacement des savoirs nouveaux à leurs savoirs anciens ? Si je suis capable de repérer les opérations mentales qu'il convient d'effectuer pour accéder à telle ou telle notion, ne pourrai-je pas, plus facilement, construire un dispositif qui permette d'en reconstituer la genèse ? Si je peux imaginer différents itinéraires, différents supports, différentes situations sociales, différentes manières de s'y prendre pour parvenir aux mêmes objectifs, ne serai-je pas mieux placé pour proposer à chacun l'itinéraire le plus adapté ? Car ce n'est pas la connaissance qui nuit au pédagogue, mais le fait de la considérer comme un « simple » résultat et d’oublier son histoire. »

J'ajoute, et ce n'est pas rien, que cette nouvelle édition est particulièrement soignée, avec un police plus grande, des encadrés encore mieux mis en évidence... Un bel objet-livre ! 

Alors, bonne (re?)lecture !

 





 


lundi 27 septembre 2021

171 – La gestion mentale au cœur même de la classe. Témoignages.

J'ai lancé il y a quelques temps un appel à coopération en vue de la réalisation soit d'un site internet dédié soit d'un ouvrage papier, en direction des enseignants de toutes disciplines * et de tous les niveaux d'âge. Mon intention est de compléter les ouvrages déjà édités, Accompagner le travail des adolescents (2009, pour les adultes accompagnants en général) et J'apprends à travailler (2018, pour les jeunes eux-mêmes), avec un troisième opus destiné spécifiquement aux enseignants dans leurs pratiques de classe. N'étant pas enseignant moi-même, j'ai fait appel à des ami(e)s professeurs dont je sais qu'ils utilisent la gestion mentale dans leurs classes depuis plusieurs années - et avec bonheur ! - et que cette approche mentaliste de la vie de la "conscience connaissante" a profondément bouleversé leur regard sur leurs élèves donnant à leurs pratiques professionnelles une tout autre visée de sens.

J'ai déjà publié le témoignage de l'une d'entre eux dans mon message précédent 170 -Une séance d'accompagnement personnalisé en lycée avec la gestion mentale. Mais, il s'agit là d'une aide à l'apprentissage en dehors du cours lui-même, et donc pas d'une pratique spécifique de transmission de savoirs. Il faut s'approcher encore davantage du coeur même du métier d'enseignant : la transmission des savoirs.

Aujourd’hui, je mets en ligne deux autre témoignages concernant directement la pratique en classe. Ils émanent d’un enseignant d’histoire-géographie en collège, Mikel Erramouspé, et de l’un de ses collègues en EPS. 

Mikel Erramouspé, tout jeune retraité, a été directeur de plusieurs collèges privés du Pays basque. Il a fortement contribué à implanter la gestion mentale dans les établissements dont il a animé les équipes professorales. Lui-même formateur labellisé et expérimenté en gestion mentale, et toujours actif au sein de l’Institut Supérieur de Formation de la Gironde, il est en effet un fervent défenseur de la réintroduction de la conscience au cœur des apprentissages dans le lieu même de la classe.

Voici les deux témoignages qu’il m’a envoyés (et qu'on pourra relier à tel ou tel point du texte du message 168 : La GM Attitude). Deux très beaux exemples (et non modèles...) d'attitude professorale inspirée par la Gestion mentale, à suivre sans modération et facilement adaptables à toutes les disciplines :

1. En classe histoire-géographie, sur le geste d’attention et de compréhension en classe... et la motivation des élèves.

En début de cours. L’enseignant fait rentrer les élèves en classe. Auparavant il a écrit une consigne au tableau. Exemple : je fais exister la carte de l’empire romain dans ma tête pour pouvoir la communiquer aux autres.

Le professeur se tait  et attend que les élèves s’installent à leur place ; il montre du doigt la consigne écrite au tableau.

Peu à peu les élèves rentrent en eux-mêmes. Les voilà en activité mentale. Les uns ferment les yeux et dessinent mentalement la carte, d’autres se parlent intérieurement…

Pendant ce temps le professeur observe, passe dans les rangs, encourage du regard ceux qui ont du mal à se lancer .

Un grand silence très habité s’est installé. Le prof n’a toujours pas ouvert la bouche.

Lorsqu’il sent que les élèves sont prêts, il leur donne la parole. Ceux-ci apportent le fruit de leur réactivation. Les uns racontent, d’autres décrivent, d’autres encore posent des questions.

Le professeur accueille, suscite le débat, encourage …

Puis il dit : "Je vais à présent vous montrer la carte et vous allez comparer avec ce que vous aviez dans la tête. Au bout de quelques minutes je vais l’enlever."

Le professeur se tait pour laisser les élèves travailler, puis enlève la carte.

Il donne la parole aux élèves qui  commentent, complètent ….

Il peut à présent continuer le cours dans un climat d’extrême attention, d’élèves actifs dans leur tête.

Il ménagera des pauses évocatives ** régulières  pendant le cours et n’oubliera pas 5 mn avant la fin de laisser du temps pour une nouvelle mise en projet  de réutilisation.

Cette activité ne se met pas en place facilement car les élèves n’y sont pas habitués. Mais il devient peu à peu un rituel. La mise au travail devient instantanée, le climat de classe paisible  et surtout, les apprentissages deviennent efficaces ! L’enseignant doit accepter que cela prenne du temps. Il peut, au départ,  avoir l’impression d’en perdre. Mais en fin d’année, le chemin parcouru est incomparable. Savoir perdre du temps pour en gagner.

Que l'on aimerait avoir (eu) de tels professeurs  ! Et quel formateur doit être Mikel !

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2. En cours d'EPS, sur l'ensemble des gestes mentaux, la communication à autrui et l'entraide... 

et la gestion de l'hétérogénéité, la motivation des élèves, l'argumentation... 

Dyades dissymétriques

Entendu au cours d’une journée d’échange de pratiques entre professeurs de Collège.

L’un des moteurs puissants des apprentissages est le projet de communication à et avec autrui. C’est le dernier rouage du "PEGASE"*** de Guy Sonnois. Comme lui, Patxi, professeur d’EPS en collège, a observé le manque de motivation de certains élèves, qu’ils soient bons ou moins bons. Ils travaillent ou font quelques efforts pour faire plaisir au prof … Le changement opéré par les dyades dissymétriques relève d’un changement de posture. Le projet est à présent de communiquer aux autres le fruit d’une expertise et, pour les autres, d’accepter de la recevoir.

A la fin d’une séquence, Patxi met les élèves en binôme. Celui qui a eu la meilleure performance avec celui qui a eu la plus faible, etc … 

Dans les 2 cas, les élèves doivent opérer un retour réflexif sur ses gestes à la fois mentaux et physiques. Il doivent faire travailler les gestes (mentaux) d’attention, de mémorisation, de compréhension… Pas de surprise donc qu'ils progressent.

Les binômes sont amenés à trouver des solutions. Pour cela il sont obligés de clarifier leur propos, de négocier, d’argumenter, d’observer, d'imaginer…

Patxi souligne à juste titre les nombreux avantages de cette pratique. Il démontre que l’hétérogénéité de la classe peut devenir un atout. Mis dans de telles situations tous les élèves progressent. 

En lisant le rapport de Patxi, on ne peut s’empêcher de penser aux obstacles qui se dressent à toutes les étapes des apprentissages, mais aussi aux solutions à inventer pour les surmonter.

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Plusieurs ouvrages ont déjà été publiés sur l'utilisation de la Gestion Mentale en classe, certains à partir de champs disciplinaires spécifiques : par exemple le Français à l'École avec Ch. Piganneaules Mathématiques en Collège pour A. Géninet, la  Physique en Lycée pour G. Gidrol ; d'autres plus généralistes : à L'École pour Ch. Pébrel, au Lycée et les grands Collégiens pour MF. Le Meignen (ouvrages épuisés mais on en trouve en occasion sur internet). On trouvera les références de ces ouvrages et de bien d'autres plus récents dans cette bibliographie exhaustive de l'IIGM 

** Voir mon message 62 : Pauses structurantes, pauses évocatives, rythmes d'apprentissage.

*** PEGASE est un "modèle pédagogique" qui décrit l'intégration de la GM dans la réalité des exigences du système scolaire actuel . Après l'écriture d'Accompagner… qui le décrit en détail, je l'ai exposé lors d'une conférence au CRDP de Rouen dans le cadre d'une Journée Interacadémique consacrée à l'Accompagnement personnalisé des élèves, lycéens en l'occurence, mais ce modèle est transversal - il vaut pour toutes les disciplines scolaires - aussi bien que vertical - il vaut pour tous les âges.

 

mercredi 8 septembre 2021

170. Une séance accompagnement personnalisé (AP) en classe de première avec la gestion mentale.

Il y a quelques jours, j'ai demandé à des amis enseignants de me communiquer le récit de quelques applications de la gestion mentale qu'ils auraient eu l'occasion de mener avec leurs élèves. Il s'agit de nourrir d'exemples concrets une éventuelle future publication destinée aux nouveaux enseignants (et qui ne nuira en rien aux anciens…). Nous n'en sommes qu'au début de cette contribution collective. 

Voici le témoignage, tout frais arrivé, d'un professeur d'anglais qui a participé au dispositif de classe de méthodologie dans un lycée privé de Toulouse pendant une douzaine d'années (dont j'ai été l'animateur et dont j'ai rendu compte assez souvent dans ce blog). Il s'agit d'une séquence d'accompagnement personnalisé.

Il est très représentatif de ce que peuvent proposer des enseignants dans ce type d'accompagnement qui vise à (re)mettre l'activité de la conscience des élèves au centre de leurs apprentissages. 

Il est remarquable également parce qu'il s'agit d'un enseignant spécialiste d'une discipline différente de celle qui sert de support dans ce dispositif spécifique mené avec des élèves qui n'étaient pas les siens. C'est bien là que l'on voit la transversalité des opérations mentales, quels que soit le cadre et le domaine disciplinaire dans lesquels on les exerce.


Cher Guy,

Je te livre une de mes expériences d’utilisation de la gestion mentale qui m’a particulièrement marquée, car il s’agissait pour moi d’assurer des heures d’étude dirigée de français ( AP : Aide personnalisée) avec des élèves de 1ère L que je ne connaissais pas, dans une matière qui n’étais pas la mienne, puisque j’étais alors professeur d’anglais.

Le professeur de français m’avait photocopié deux pages du manuel de français  traitant de l’humanisme. La consigne pour les élèves était de lire ce texte (un peu rébarbatif !) puis de rédiger une fiche qui permettrait de retenir les principales caractéristiques de ce mouvement.

·         La consigne a été écrite au tableau et les élèves ont mis cette consigne en "je" (qu’est-ce que "je" dois faire ?)

Des éclaircissements ont été apportés concernant la tâche à accomplir.

-           Lire : il faut faire des images mentales, dire ce qu’il y a dans le texte.

-          Rédiger une fiche implique que l’on a parfaitement compris de quoi il s’agit.

-          La fiche est personnelle, elle peut avoir la forme que vous voulez.

 

La lecture.  Nous avons employé la méthode des lectures successives.

·         Dans un premier temps, les élèves devaient lire le texte, une fois, puis dire ce qu’ils en avaient retenu. Plusieurs élèves étaient interrogés, mais s’il y avait des contradictions, aucune correction n’était donnée. Simplement on notait la contradiction. Il était parfois nécessaire d’élucider du vocabulaire.

·          La consigne pour la deuxième lecture était de comparer les deux lectures pour compléter, élucider les contradictions. A nouveau un dialogue a permis de confronter la compréhension du texte de chacun.

·         Lors d’une nouvelle/de nouvelles lectures les élèves devaient répondre aux 5 questions de la compréhension à propos de l’humanisme.  Les réponses étaient bien entendu dans le texte.  

C’est quoi ? (définition)

Pourquoi ? (origines. D’où vient ce courant de pensée ?)

Pour quoi ? (ce qui s'en est suivi, les conséquences)

Avec quoi ? A quoi peut-on le rattacher ?

Comment ? Les applications, comment s’en sert-on ?

Voici le travail produit par les élèves :

C’est quoi ?  (la définition)

C’est un courant de pensée qui a traversé l’Europe de la Renaissance  (XVIème siècle).

Ce mot désigne "l’ensemble des qualités intellectuelles, morales et physiques qui distinguent l’homme des autres créatures, dans ce qu’il a de plus accompli".

C’est un idéal :

-         Un monde de paix

-         Un monde de culture

-         Un monde libre

Pourquoi ? = d’où vient ce courant de pensée ?

En raison de découvertes qui jalonnent la fin du XVème siècle et qui révolutionnent la vision que l’on avait du monde.

-          Invention de l’imprimerie

-          Découvertes de manuscrits grecs inédits.

-          Explorations de nouveaux mondes.

-          Découvertes astronomiques.

Pour quoi ?  = Quelles sont les conséquences ?

-         L’homme capable de comprendre seul les textes et de penser par lui-même va s’interroger sur sa condition et le monde qui l’entoure. Il va remettre en question les dogmes et la politique officielle.

-        Eclatement de la chrétienté

-        Découverte de la relativité des valeurs.

Avec quoi ? = Avec quoi peut-on la rattacher ?

-          L’histoire littéraire en général : d’autres mouvements

-          Des auteurs : Rabelais, Montaigne, Pascal, Erasme.

Comment ? = les applications, comment s’en sert-on ?

-         Comme référence à la compréhension d’un auteur (comme Rabelais ou Montaigne)

-        Comme élément de comparaison entre divers auteurs.

-        Comme point de départ d’un devoir.


Puis chaque élève pouvait rédiger sa fiche, sous forme de liste, de schéma, etc.  selon la forme qui lui convenait le mieux. Bien sûr cette fiche peut être complétée et affinée lors des cours suivants avec le professeur de français.

Cette façon d’aborder cet exercice a constamment mis les élèves en activité et ils ont apprécié de découvrir peu à peu le sens d’un document très riche et un peu rébarbatif. Ils ont également compris l’utilisation qu’ils allaient pouvoir faire de cette connaissance et ainsi ils ont donné du sens à cet apprentissage.

Conclusion. 

Quant à moi, j’ai largement utilisé la méthode des lectures successives en anglais, pour la compréhension écrite (lecture de textes en anglais), et les élèves étaient à chaque fois surpris de constater comme leur compréhension s’affinait au cours des lectures successives, même en langue étrangère.

J’ai aussi beaucoup utilisé le schéma de la compréhension pour les sujets d’expression écrite. Ça marche aussi en anglais ! J’en ai gardé quelques exemples. ….

J’ai aussi utilisé les 5 questions de la compréhension en grammaire, par exemple à propos d’un temps, le présent. Puis d’un autre temps, le prétérit  et les élèves devaient ensuite comparer ces 2 fiches, noter les ressemblances et différences. etc. etc… 

La gestion mentale a largement alimenté ma façon d’enseigner !

 


lundi 30 août 2021

168 - La GM attitude. Pour aider à réintroduire la vie de la conscience dans les apprentissages scolaires.

En ce jour de rentrée des enseignants, je mets en ligne à leur intention un texte que j’ai enrichi et amélioré par rapport à sa précédente publication dans mon message 161 : « École sans conscience, ruine de l’homme ». Dans ce texte je faisais part de ma réflexion sur la nécessaire réintroduction de la conscience dans les apprentissages scolaires. J’y avais ajouté une annexe intitulée : « La GM attitude », dans laquelle je proposais une approche en raccourci de la pratique de la gestion mentale en classe par des professeurs "pour aider à réintroduire la vie de la conscience dans les apprentissages scolaires".

C’est donc cette annexe revue et enrichie qu’on trouvera dans mon message d’aujourd’hui. Ce texte est à considérer comme un complément plus détaillé du cahier d’exercices J’apprends à travailler, destiné à l’accompagnement des élèves dans leurs activités d’apprentissage. Ou, mieux encore, du livre Accompagner le travail des adolescents avec la pédagogie des gestes mentaux encore plus développé.

 

J’ai voulu proposer aux enseignants, qui sauront l’adapter à tous les niveaux d’âge, une sorte le "livre du maître", suggérant à l’occasion quelques pratiques ou protocoles valables pour tous niveaux. Ils ne veulent pas remplacer les habituels dispositifs pédagogiques, mais les compléter au niveau de l’activité mentale des élèves.. . si bien sûr c’est bien elle que l’on cherche à atteindre et à stimuler. C’est juste une visée de sens spécifique, quelques rituels à mettre en place et une gestion un peu différente du temps de l’enseignement.

 

J'ai lancé, auprés d'enseignants de mes amis ou que j'ai eu l'occasion d'initier à la gestion mentale, un appel à contribution. Je leur demande de me faire parvenir le bref récit d'une expérience, d'un protocole qu'ils ont mis en place avec leurs élèves, du primaire au supérieur. Cela permettra de donner un peu de chair à ce texte qui reste malgré tout un peu théorique. On trouvera dans le lien ci-dessous (qui ouvre un dossier), outre le texte d'origine "GM attitude", les différentes contributions au fur et à mesure qu'elles m'arriveront. On trouvera également ces contributions dans la page « Spécial enseignants ».

 


Lire le texte :

« Pour aider à réintroduire la vie de la conscience dans les apprentissages scolaires : la GM attitude »

 


mardi 24 août 2021

166. Réédition de "J'apprends à travailler" et cinquième édition d'Accompagner... !

 

Photo parue dans le Journal Sud-Ouest du 10.10.2018 pour l'annonce de deux conférences de présentation du Cahier au Collège Saint François-Xavier d'Uztarritz.

Deux bonnes nouvelles de mon éditeur ce matin !

1. Une réédition du "petit livre bleu  J’apprends à travailler  a été réalisée cet été.

Avec ses 80 pages, ce petit livre révèle à ses lecteurs tous les secrets d’un apprentissage scolaire réussi. Il a déjà permis à beaucoup de jeunes de redécouvrir avec plaisir leurs capacités mentales et de se réconcilier avec leurs études, comme en témoignait, avant même sa sortie, François-Xavier 😉, un jeune à la dérive (avec pourtant un Q.I. de plus de 140 ). Il se croyait inintelligent parce qu’il échouait (par ignorance du geste mental de réflexion notamment)… Un sort, hélas, partagé par beaucoup de ses collègues EIP ! Je lui avais proposé de lire le manuscrit alors en cours de réalisation chez l’imprimeur. Quelques temps plus tard, après avoir décidé seul un redoublement dans un internat (au grand étonnement de ses parents !), il m’avait écrit pour me remercier et me dire que la lecture du manuscrit lui avait provoqué un "déclic" et qu’il s’était remis à avoir "envie de travailler". Voici son témoignage :

Je m'appelle François-Xavier … Je redouble ma classe de seconde à cause d'un manque de travail, de motivation et d'intérêt pour le lycée et pour l'école depuis le collège.

L'année dernière, en fin d'année de ma première seconde, je rencontrai Monsieur Sonnois grâce à mon oncle * qui le connaissait et voulait me le faire rencontrer.

J'ai beaucoup discuté avec lui de moi, de ce que j'aimais et de ma future orientation.

Il m'a prêté son livre J'apprends à travailler, où le personnage principal, Jules, me ressemble assez dans son histoire et son "amour" pour l'école. Je l'ai lu. C'était facile et intéressant. En plus, ça m'a donné envie de travailler. 

Et bien, figurez- vous que, maintenant, c'est moi qui me suis mis à travailler et ai trouvé un intérêt à l'école. C'est plutôt pas mal d'ailleurs.

Voila ma petite histoire sur mon déclic. Je remercie mille fois Guy Sonnois pour son attention et sa bienveillance envers moi . Et en plus son livre est top...**

* Cet oncle est un de mes anciens élèves que j’avais remis en route et en confiance dans son année de seconde. Il est devenu depuis chirurgien en ophtalmologie et très en pointe dans la réparation du regard  (ce miroir de l'âme... ) après accident ou maladie. Il m’avait "renvoyé l’ascenseur" en 2015, en opérant de façon magistrale un de mes yeux, accidenté dans ma jeunesse et hors de service depuis. J’ai déjà fait état de sa manière d’utiliser la gestion mentale dans son beau métier :  124 - Je regarde le plafond avant toute opération délicate.

** Trois ans après sa lecture, ce jeune a obtenu un Bac S avec mention Bien et vient de réussir le concours d'entrée dans la Marine Marchande (où, deux ans plus tard, il est heureux comme poisson sur l'eau... re😉 ...).

D'autre part, j'ai déjà raconté ici les effets "à distance" de ce petit ouvrage "attrayant, intelligent, utile et limpide" (comme on le définit dans la Feuille d'IF Belgique, merci à mes amis belges !) : message 163. "J'ai en 20/20 en Physique, M'sieur, en suivant les conseils de votre livre !"

Par ailleurs, on trouvera dans cette deuxième édition, la correction que j’avais annoncée dans mon message 141 : Lutter contre le stress des contrôles : gestion mentale et  neurosciences à la rescousse. Je remets ici ce texte parce qu’il me paraît très important pour l’aide que l’on peut apporter à nos jeunes en vue de leur meilleure compréhension de ces évaluations qui devraient toujours contribuer à leur vraie formation intellectuelle... et non participer à une sinistre sélection, mortifère pour leur motivation. Voici la nouvelle rédaction de la page 40.

J'ajoute que ce livret sert également à des professeurs (principaux notamment, en heure de vie de classe ou autre dispositif d'aide individualisée), à des cadres éducatifs intéressés au travail personnel et à la réussite de leurs élèves et, bien sûr, à tous les autres accompagnateurs, dans ou hors l'école... J'ai bien aimé ce commentaire relevé sur un site de librairie en ligne :

Idéal pour un accompagnement en Gestion Mentale. Cahier qui reprend le livre de Guy Sonnois, en plus synthétique. Avec des approches que je trouve parlantes pour aborder l'attention, la mémorisation, la réflexion, la compréhension et la communication. Ce dernier point me semble très important - et il est rarement abordé - car la communication est le point essentiel de l'Ecole : comment rendre sa pensée communicable et accessible ?

Et aussi celui-ci sur un autre site :

Clair et pratique. Je vais m’en servir au début de l’année scolaire pour mes élèves de CAP.

Exactement ce que j'espérais !

Mais cette bonne nouvelle n’était pas la seule!

2. Une cinquième édition d’ Accompagner le travail des adolescents avec la pédagogie des gestes mentaux se prépare. Ce livre, frère ainé du précédent, a donc trouvé son public et le trouve encore, débordant largement la seule sphère de la gestion mentale et de l'école en général, dans le public comme dans le privé et à tous les niveaux d'âge. J’en suis d’autant plus content que c’était là ma cible. Si l’on veut que la gestion mentale puisse contribuer à la régénération de notre système éducatif (c’était bien là la visée originelle d’Antoine de la Garanderie), il ne faut pas craindre d’aller au devant de tous ses acteurs, sans a priori d’aucune sorte, et de leur proposer ces éclairages sur la vie de la conscience connaissante, cet héritage universel des êtres humains, en utilisant un langage qui puisse les rendre assimilables et utilisables par le plus grand nombre, élèves compris qui sont les premiers intéressés.

NB. Après mon petit AVC d’il y a une quinzaine de jours, sans séquelles mais avec à la clé une semaine fatigante d’hospitalisation en soins intensifs, une suite de contrôles et d’examens un peu éprouvants, puis une liste de médicaments en tous genre … ces informations ne pouvaient qu’avoir sur moi l’effet salutaire que l’on devine ! Tout se tient, corps et esprit, dans l'humain !

jeudi 10 juin 2021

164 - La confiance et l’estime de soi ne peuvent venir que de l’intérieur d’une personne.

 

La confiance et l’estime de soi ne peuvent venir que de l’intérieur d’une personne.

On sait l’importance de la confiance en soi, qu’on appelle aussi estime de soi, dans l’engagement des élèves au travail, dans leur motivation, et dans la réussite de leurs apprentissages. Mais ce que l’on sait moins c’est comment les aider à développer cette confiance en eux-mêmes.

Certains pensent, à juste titre, que la réussite et son cercle vertueux est favorable à son développement. Toutefois, je vois passer beaucoup de propositions pédagogiques prétendant aller dans ce sens, et je suis frappé par l’extériorité de ces occasions de réussite préconisées. Extériorité, au sens où tout procède des professeurs et des situations ou des protocoles proposés aux élèves. Rien de ce qui pourrait venir d’eux-mêmes et de leur intériorité. Il est bien certain que des professeurs rébarbatifs, des remarques blessantes voir des brimades, un climat d’insécurité ou de compétition forcenée dans la classe, tout comme des tâches impossibles à réaliser ou bien trop faciles ne comportant aucun enjeu pour l’élève, toutes ses situations sont moins propices à l’estime de soi que leurs contraires. Tout cela, ma foi, est bien connu, même si tous les enseignants n’en font pas toujours la démonstration. Mais surtout, n’est-ce pas là confondre la cause et la conséquence ; la réussite considérée comme cause de la confiance en soi plutôt que sa conséquence ?

Les accompagnateurs et les professeurs pratiquant la gestion mentale savent que c’est toujours de l’intérieur même des élèves que peut naître la confiance et l’estime de soi-même et, en conséquence, la réussite. Un dialogue pédagogique bien mené, un renseignement donné au bon moment sur le projet de sens ou le geste mental permettant la réussite, voilà le meilleur moyen pour que la confiance et l’estime de lui-même revienne dans le cœur d’un enfant. Voir à ce propos mes messages 72 et 163.

N’étant ni enseignant, ni psychologue ou quelque chose comme ça, j’ai pourtant eu de très nombreuses occasions de constater qu’en fort peu de temps et avec très peu de moyens pédagogiques, la confiance d’un élève en ses capacités propres peut survenir et, devant les preuves évidentes de réussite qu’elles lui permettent d’obtenir, s’installer durablement. En voici un témoignage bien significatif que j’ai retrouvé dans mes archives. Il date de 2003, époque où, après mon départ en retraite, je recevais encore des élèves de tout niveau scolaire.

Il s’agit d’un mail reçu de sa maman après seulement un entretien d’un peu plus d’une heure avec un jeune enfant :

« Monsieur, depuis l’entretien que vous lui avez accordé, François-Xavier a découvert avec délice ce qu’est la mémoire et le plaisir de s’en servir : il a (enfin !) appris "ses tables" et s’est étonné de la facilité avec laquelle cela est possible. Il a fait un bond gigantesque en orthographe se payant même le luxe d’une excellente note à une dictée difficile, là où il aurait "autrefois" hérité d’un zéro… Les acquisitions dans le domaine de la mémoire en général ont considérablement progressé et François-Xavier a retrouvé une confiance en lui perdue depuis longtemps. Il a même exprimé combien il était persuadé d’être complètement "idiot" et commence à penser que ce n’est pas tout à fait vrai ».

Lors de ce premier entretien, je n’avais abordé que la partie "facile"de Pégase : l’intégration et la conservation de contenus scolaires. La "réception du ballon" en quelque sorte pour reprendre la métaphore du footballeur *. Je n’avais pas abordé la suite que j’avais laissée à son initiative, lui proposant d’aller plus loin s’il le souhaitait et si les premiers résultats obtenus l’encourageaient à poursuivre son effort de mise au jour de son potentiel mental. Aborder la réflexion avec sa zone de turbulences et de risques demande en effet qu’une solide base de confiance soit d’abord réinstallée.

Et en effet la maman poursuit son mail ainsi :

« Mais dans un même temps il a très peur que "ça ne dure pas". D’autant, et dans ce domaine le problème reste entier, que la mise en place d’un commencement de réflexion n’est pas faite. Nous buttons donc sur ce problème majeur même si nous avons passé beaucoup de temps à lire et à analyser vos documents **. Il me semble en conséquence utile que vous puissiez le revoir en entretien dans un futur assez proche pour profiter de la dynamique créée par ses acquis en mémorisation mais aussi pour éviter un découragement face aux mauvais résultats de certains contrôles qui risquent de nous faire repartir sur les certitudes relatives à la "nullité". »

Ainsi, il est vrai que la seule bonne réception des savoirs (attention et mémorisation) n’est pas suffisante pour assurer durablement la confiance en soi. Les gestes mentaux (les actes de connaissance) de réflexion et de compréhension approfondie en sont les compléments indispensables. Car c’est bien à ces moments de confrontation aux tâches complexes de transfert des connaissances - que sont nos "contrôles" en France - que se joue la plus grosse partie de la confiance en soi et son installation dans le temps long. En conséquence, la réception des savoirs doit viser dès le départ ces compétentes qui sont en jeu dans nos évaluations. Ces évaluations qui en aucun cas ne peuvent à elles seules provoquer la confiance et l’estime des élèves, alors qu’elles ne sont la plupart du temps pour eux que source de stress et de dévalorisation personnelle.

Les entretiens suivants avec François-Xavier - comme avec tant d’autres - ont consisté à mettre en place ces gestes mentaux plus complexes, jusque-là inconnus de lui et à les pratiquer dans de bonnes conditions. Et la confiance s’installa en lui durablement. Mais de l’intérieur ! Toujours.

 

* Voir page 7 du cahier J'apprends à travailler (Chronique Sociale. 2018)

**Pour éviter de multiplier les rendez-vous, je donnais aux grands élèves ou aux parents des plus jeunes le document "réflexion élève" (voir mon message numéro 25 Pour apprendre à réfléchir). Mais évidemment cela ne remplaçait pas, surtout pour les plus jeunes, un entretien ciblé sur ce geste délicat. De la même façon je réservais un entretien pour le geste de compréhension approfondie avec les cinqquestions (message 56).

 


mardi 1 juin 2021

163 - J’ai eu 20/20 en physique, M’sieur, en suivant les conseils de votre livre.

Il y a une dizaine de jours, je déchargeais ma voiture de quelques colis sur le parking de ma résidence. Passent alors deux jeunes garçons venant d’un lycée voisin. Ils s’approchent de moi :

– Bonjour Monsieur, voulez-vous de l’aide ?

Comme quoi tous les jeunes ne sont pas des sauvageons à l’affût d’un prochain mauvais coup ou ivres de leur pouvoir de violence !

Ayant décliné leur proposition dont je les remerciais, je leur rappelle La Fontaine et sa morale : « un bienfait n’est jamais perdu ». Et de même pour une simple proposition de bienfait… À leur sourire je vois qu’ils ont compris. Je leur demande alors quel est le niveau de leurs études. Ils sont en seconde, "c’est encore le début ce n’est pas trop difficile". Veulent-ils vraiment réussir leurs études ? La réponse étant positive, je leur propose de m’attendre quelques minutes, le temps que je remonte chez moi prendre quelque chose que je veux leur donner. Je ne pensais pas vraiment qu’ils m’attendraient … mais je tentai le coup. Quand je revins, ils étaient toujours là. Je leur ai donné à chacun un exemplaire du livret "J’apprends à travailler" (le "petit livre bleu"… ) en leur disant :

– « Voici le résultat de votre proposition de bienfait. Ces quelques pages contiennent tous les secrets qui permettront votre meilleure réussite. Il ne s’agit pas de travailler plus mais de travailler mieux pour un meilleur résultat. Si vous avez le courage de lire ces pages, vous ne le regretterez pas ! »

Ils me remercient et s’en vont. On en reste là et je n’y pense plus.

Une dizaine de jours plus tard, c’est-à-dire hier, travaillant à mon bureau les fenêtres ouvertes, j’entends un groupe de jeunes passer dans ma rue en riant et en s’interpellant. Parmi eux je reconnais  mes deux interlocuteurs. Je les interpelle depuis mon balcon. Ils me reconnaissent. L’un me dit qu’il a commencé la lecture du livret, l’autre précise qu’il en est à la page 30 (c’est-à-dire qu’il a  lu le précepte 4 et peut-être même fait l’exercice mettant en évidence le geste d’attention. Il ajoute :

– «  J’ai eu 20/20 en physique, M’sieur, grâce aux conseils de votre livre ! »

CQFD.

Les beaux esprits de la pédagogie officielle prétendent que dans l’accompagnement des élèves, c’est le contact humain, la présence bienveillante, l’attention qu’on leur accorde, le regard positif que l’on porte sur eux, qui expliquent les effets positifs obtenus, bien davantage que le contenu proprement dit de l'aide apportée. On appelle cela aussi l’effet Pygmalion…

Une nouvelle fois, avec ces échanges "de rue" qui n’ont pas duré plus de quelques minutes entre de parfaits inconnus, j’ai eu la preuve que le contenu - celui de la Gestion mentale tout au moins - importe au moins autant que le temps et la qualité de la présence d’un accompagnateur patenté et bien situé dans la hiérarchie pédagogique.

Lorsque la conscience est suscitée, même par une courte lecture ou une rencontre fortuite, une question ou un renseignement bien adaptés, elle réagit avec toute la force de ses structures de sens qui ne demandent qu’à se mettre à l’œuvre pour faire grandir l’humanité qui réside en chacun de nous. Et accessoirement pour la meilleure réussite scolaire. Il suffit vraiment parfois de peu de choses. Mais c’est là la grande œuvre de la vraie pédagogie. Voir aussi mon message 72 : "Un très bon conseil, mais...".

Le "petit livre bleu" que tout collégien-lycéen-étudiant devrait avoir avec lui :





mercredi 27 janvier 2021

160 - Une belle réussite...en dépit des pronostics assassins de médiocres éducateurs...

Je mets aujourd’hui en ligne le beau témoignage (en fin de message) d’un de mes anciens stagiaires toulousains. À l’occasion de mon anniversaire (82e du nom) il m’avait envoyé de gentils vœux auxquels j’avais répondu en lui demandant des nouvelles de son parcours. Tout en l’espérant, j’ai quand même été un peu surpris (et très heureux !) par une telle réussite. Lorsque je l’ai connu en classe de seconde, ses professeurs de collège ne fondaient pas sur lui beaucoup d’espoir de réussite (bel euphémisme...). Dans cette classe "à projet de méthodologie" que j’accompagnais dans ce lycée privé toulousain, l’équipe éducative au contraire faisait le pari d’amener ces jeunes au meilleur niveau de réussite possible selon leur désir et leurs capacités une fois celles-ci révélées et dynamisées par trois stages à base de gestion mentale, soit le projet Pégase (voir le livre Accompagner le travail des adolescents avec la pédagogie des gestes mentaux , Chronique sociale, 2009 et le cahier J'apprends à travailler, 2018).

Dans mon message 152, je décrivais, vidéo à l'appui, une autre réussite, d’un tout autre genre mais tout aussi épanouissante pour le projet d’être de ce jeune. Lui aussi fort mal traité par ses précédents "éducateurs" (!) dans son parcours scolaire (plus parcours du combattant que long fleuve tranquille...) du fait d'une forte dyslexie... qui n'avait en rien bénéficié de ce traitement de rejet. 

Lorsque je parcours en pensée les visages de tous ces jeunes rencontrés au cours de ces 13 années d’accompagnement dans cette classe particulière (pour ne parler que ceux rencontrés après mon départ en retraite... il y en avait eu des centaines auparavant...), c’est un bouquet impressionnant de réussites humaines, professionnelles ou sociales qui se présente à ma mémoire : telle jeune fille qui a réalisé son projet d’être infirmière spécialisée dans une O.N.G., telle autre qui a pu ouvrir le magasin de coiffure de son rêve, beaucoup de diplômés d’écoles supérieures ou d'universités en tout genre, des architectes mais aussi des ingénieurs dans toutes les disciplines jusqu'aux plus avancées… autant de réalisations personnelles auxquelles certains "responsables pédagogiques" (?) ou équipes dites "éducatives (?)" non seulement ne croyaient pas, mais encore le proclamaient haut et fort provoquant de véritables effondrements dans des psychismes adolescents si fragiles et si sensibles.

 "On leur vend du rêve" se croyaient ils autorisés à proclamer du haut de leur incompétence... prouvant ainsi qu'ils n'avaient rien compris au sens de cette belle initiative. Très loin de ce triste marchandage d'illusion, ce qu'on leur proposait était plutôt de se retrouver eux-mêmes, de se ressaisir de leurs potentialités, de les exercer, dans le monde scolaire bien sûr mais aussi en dehors, et ainsi non seulement de se remettre à se projeter dans leur avenir - leur aventure - mais surtout de se donner les moyens de réaliser leurs rêves... même les plus inattendus ! Mais ce sont là sans doute des objectifs hors d'atteinte des esprits étriqués de ces "éducateurs" de rencontre.

Oui, je le redis ici, même si mes lecteurs le savent déjà bien, la gestion mentale permet de tels renversements de situation lorsqu'elle accompagne et instrumente le souci de permettre à chacun de ces jeunes de prendre possession de lui-même, de ses atouts comme de ses faiblesses, et de mettre tous ses potentiels au service de réalisations qui soient le fruit de son seul désir... et de ses rêves de nouveau accessibles. Et que l'on ne vienne pas me dire que c'est là le seul résultat de l'intérêt bienveillant que l'on porte à ces jeunes. Éduquer, c'est appeler, guider, conduire à se trouver, à se dépasser, à être, à être plus. Dans ce sens, tout véritable éducateur est un éveilleur d'Être et de progrès humain. Avec toutes les exigences d'un tel projet. Mais, d'éducateur, certains n'ont que l'étiquette, usurpée, de ce noble et passionnant métier. Honte sur  eux !

Témoignage de Joachim… élève en Seconde 204, classe de méthodologie (Gestion mentale) pour l’année scolaire 2013-2014.

Cher Guy et à tout le personnel éducatif de la 204, je vous remercie de m’avoir soutenu en seconde, personne ne croyait en moi mis à part vous et ma famille.

Je tenais à vous envoyer ce petit message pour vous donner de mes nouvelles. A la suite de mon baccalauréat, j’ai décidé de faire du droit. J’ai donc intégré l’Institut Catholique de Toulouse les 2 premières années puis l’université Toulouse 1 Capitole jusqu’à la fin de mon master 1. A la suite de mon master 1 en Droit des affaires que j’ai pu obtenir à 15 de moyenne, j’ai eu l’honneur d’intégrer un master 2 en droit des affaires à Paris Dauphine. Actuellement, j’effectue en parallèle de ce master un autre diplôme à Panthéon Sorbonne. Je vais également passer à la fin de l’année le barreau pour devenir avocat. D’autre part, en juin, je vais intégrer un master 2 droit notarial d’une parisienne (Assas, Sorbonne ou Dauphine) pour devenir notaire. Vous l’avez bien compris, j’ai un projet pas commun et très ambitieux qui est de devenir avocat et notaire dans le monde des affaires.

Je ne viens pas vous écrire ce message pour obtenir des éloges de votre part. Je ne suis pas comme ça. Je viens juste vous remercier pour ce que vous avez fait. Cette réussite je la dois à ma famille et à la 204 dans son ensemble. A personne d’autre. Je sais que désormais cette classe n’existe plus et c’est bien dommage. J’ai un peu la rage contre les personnes qui n’ont rien compris au projet. On ne va pas se mentir, beaucoup de gens pensent que les élèves qui sortent de la 204 sont des « imbéciles » et des gens sans avenir. Avec mon projet et mon témoignage, je pense que vous pouvez être fier de ce que vous avez accompli. En tout cas moi j’en suis fier.

 Je discute de temps en temps avec des gens de S…(mon ancien lycée), qui me disent «  quel parcours! Wahou! » alors qu’il y’a 5 ans ils nous prenaient pour des gens stupides, ringards.. Je ne vais pas rentrer plus dans ce débat ou faire de polémique, ils n’ont pas compris que la 204 avait un sens. Dommage pour eux. La 204 avait une vision à long terme, pas à court terme. A court terme, ils étaient meilleurs que nous. A long terme, ils sont sur la route de campagne nous sur l’autoroute. J’espère que vous vous portez bien et vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre vie personnelle et professionnelle. Je ne vous ai jamais oublié. J’espère que mon message ne paraîtra pas prétentieux ou je ne sais quoi : ce n’est pas le but. Je veux juste vous montrer que votre travail a porté ses fruits et ça, ça n’a pas de prix. Amicalement, Joaquim.

 Puis en réponse à mes félicitations, Joachim précise, et cela m'a profondément touché :

Oui oui c’est vrai. Tout est vrai. Si j’ai écrit ce message c’est que je le pense réellement. Je le redis, cette réussite je la dois certes à mon travail, mais surtout à ma famille et à la 204. À personne d’autre. Vous savez Guy, au delà du scolaire, il est très difficile pour un jeune lambda qui a connu des difficultés de tourner la page aussi facilement. On n’oublie pas en un claquement de doigts le regard que les gens portent sur vous. Vous le savez mieux que moi. Un enfant en difficulté scolaire est considéré le plus souvent comme un échec par ses camarades qu’il voit tous les jours. C’est ça le plus dur. Si vous n’avez pas une famille derrière et un personnel éducatif à votre entière écoute, c’est très difficile de s’en sortir. Moi j’ai eu cette chance, malheureusement tout le monde ne l’a pas.

 

mardi 15 décembre 2020

159. Le vécu de l'école à distance, à la lumière de la gestion mentale et des neurosciences cognitives.

Un peu avant la conférence-débat qui a précédé l’assemblée générale de décembre de l’IIGM (Institut International de Gestion Mentale), et en guise de préparation de mon intervention (que j’ai partagée dans mon message précédent 158), j’avais réfléchi sur la manière dont professeurs et élèves avaient vécu le premier confinement et l’arrêt de l’école « en présentiel » : quel retour les professeurs en faisaient-ils ? Comment les élèves avaient-ils vécu ce temps extra ordinaire ?

Je voulais ainsi vérifier l’impact de cet éloignement physique d'avec la classe, d'avec les professeurs et d'avec les camarades. Les retours de plusieurs enseignants de spécialité et de niveau très différents du collège à l'université, comme ceux de certains élèves et étudiants, m’ont appris plusieurs choses importantes :

·      le grand manque éprouvé par tous d’une relation affective de proximité, verticale ou horizontale ;

·      la manière dont les élèves ont su créer une atmosphère de coopération horizontale à l’aide de leurs plateformes habituelles de communications, dont ils ont à l’occasion fait profiter leurs propres enseignants ;

·      l’intérêt éprouvé par certains jeunes pour la grande liberté qu’ils ont retrouvée dans la manière d’organiser leurs apprentissages, au moins au niveau du temps.

Ces témoignages m’ont conduit à une réflexion qui a tissé des liens avec les lectures que je faisais à ce moment-là pour préparer ma conférence du mois de décembre.

Cela a donné matière à un article qui a été publié dans la dernière lettre de la Fédération des associations Initiative et Formation ( FedIF) : la dernière parce que la plus récente mais aussi l’ultime puisque la fédération se dissout pour se fondre désormais dans l’IIGM. Il n’est pas sans intérêt du reste de comparer cette dernière lettre fédérale avec la première dont j’étais le rédacteur de 1995 à 2006 : « Quand l’école se fait lieu d’exclusion ». À votre avis, les choses ont-elles vraiment beaucoup changé en 25 ans ?

Lire l'article de la première Lettre fédérale de janvier 1995.

Outre les témoignages sur le vécu de "l’école à distance" que je reproduis dans leur quasi-totalité tellement ils sont précis et éclairants, j’ai développé un rapprochement entre neurosciences et gestion mentale. J’y ai montré comment les travaux d’Antonio Damasio sur l’origine corporelle, biologique et affective de la conscience nous ouvraient, sur le lien entre phénomènes mentaux et processus cérébraux, une perspective beaucoup plus riche que ceux d’une autre partie des neuroscientifiques qui la cherche dans le seul cerveau cortical.

Je partage aujourd’hui cet article qui peut intéresser d’autres personnes que les seuls membres de nos associations. (La Fédération s'est auto-dissoute depuis).

Lire l’article dans la dernière Lettre fédérale de novembre 2020.

196. Comment comptes-tu t'y prendre ?

  Comment comptes-tu t'y prendre  ? Sur ce dessin voir note 1 [1]   Un enfant vous pose problème ? Vous cherchez à l'aider m...